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On se rend compte que l’on vieillit quand on commence à raisonner comme nos parents et à dire tout haut ce qui faisait se dresser nos cheveux dans notre jeunesse insouciante… Réactionnaires, d’un autre temps, ces termes que l’on employait pour désigner nos parents et nos grands-parents, dans un syndrome bien normal d’émancipation, ne s’appliqueraient-ils pas à nous ?

Mariés pour la vie ?

Et pas que pour le meilleur !

Oui, les couples duraient, mais à quel prix ? Loin de louer les mérites du divorce à tout crin, la possibilité de ne pas rester toute sa vie avec une personne que l’on n’aime pas me paraît tout de même plutôt sympa. En tout cas, cela reste une porte de sortie lorsque l’engagement que l’on a pris soi-disant pour la vie devient un cauchemar !

Si l’on tient compte de l’augmentation de notre espérance de vie (qui n’est qu’une moyenne, ce qui devrait nous pousser à profiter un peu de ce que l’existence nous propose et a la délicatesse de mettre sur notre chemin), mariés pour la vie n’est pas forcément une sinécure.

Femmes inférieures ?

Peu d’égalité entre les sexes jusqu’à l’invention et l’utilisation de la pilule, permettant enfin aux femmes de maîtriser leur procréation, et par là-même leur sexualité… Qui peut sincèrement regretter l’époque des avortements clandestins et souvent lourds de conséquences ? Qui peut sincèrement avoir envie de vivre comme dans les années 50, publicités pour robots ménagers arborant de jolis minois de femmes au foyer ? Certains hommes, peut-être, mais qui finalement seront sans doute les premiers à se plaindre du manque de piquant de leur quotidien.

Finalement, cet aspect n’a pas tant changé que cela, la femme reste bien souvent cantonnée dans son rôle ancestral d’objet de désir, puis de mère de famille…

Hommes séducteurs, femmes dévergondées ?

Qu’il est commode de regretter ce vieux poncif qui consiste à dire qu’un homme enchaînant les conquêtes est un Don Juan, tandis qu’une femme faisant de même est une dévergondée de la pire espèce !

Curieux tout de même que certains hommes persistent à prôner le retour aux vraies valeurs familiales, au couple qui dure, pour en même temps saliver à la perspective de s’envoyer en l’air et l’exprimer haut et fort ! Signe des temps ou répétition de l’histoire sans cesse perpétuée des relations hommes-femmes ?

Rappelons tout de même que la fidélité reste un des engagements forts du mariage, et que s’en affranchir nécessite un accord strict et égalitaire dans le couple !

Le mythe de la société de consommation

Qu’il est doux de se réfugier derrière les horribles travers de notre société pour mieux regretter le bon vieux temps où tout allait mieux !

Mais pour ne pas l’avoir vécu soi-même et seulement expérimenté par le bout de la lorgnette (notre éducation, le couple que formaient nos parents et le peu que l’on en savait, finalement…), peut-on sincèrement et honnêtement regretter ce fameux bon vieux temps ?

Et si finalement, tout cela n’était qu’une énorme excuse que l’on se donne pour ne pas être soi-même acteur de notre société, moteur des changements positifs que l’on souhaite pour soi et les autres ?

Il reste bien des combats à mener. Parmi eux figure pour certains d’entre vous la possibilité de s’épanouir en couple, en famille, et cela semble bien naturel. Mais à trop désigner comme responsables la société, les femmes (souvent), les hommes (parfois), ne fait-on pas le lit de notre propre malheur ?

Sarah